Il est devenu impossible de proposer
une véritable formation professionnelle à l'art du conte
La destruction progressive de la formation continue
La réalité du terrain est sans appel. La formation longue que nous proposions jusqu'en 2025 durait 227 heures sur 10 mois, elle coûtait 9 000 €.
Nous estimons que ce budget et cette durée constituent un strict minimum pour une formation professionnelle performante capable de transmettre les fondamentaux d'un métier artistique complexe.
Durant des années, ce dispositif a été financé par France Travail et par l’Afdas. Or, la situation s’est dramatiquement dégradée :
- Depuis fin 2024, France Travail ne finance plus ce type de formation.
- Depuis fin 2025, l’Afdas a réduit ses plafonds de financement de 8 000 € à 3 000 €.
Il est tout à fait impossible de former à un métier en 2 semaines.
Si nous maintenons la formation avec un reste à charge de 6 000 €, nous ne pourrons jamais la remplir.
Le constat est amer : il n’existe aucun conservatoire d’art du conte, aucune formation initiale, et aucune formation certifiante ou diplômante reconnue par l’État pour cet art. Au fil des neuf dernières années, étape par étape, les gouvernements successifs de M. Macron ont méthodiquement démantelé la formation continue pour la réserver aux métiers servant l’industrie et les grandes entreprises, au détriment d’une majorité de métiers existant en France.
Désormais il est impossible aux conteuses et aux conteurs de bénéficier d'une formation complète et pertinente à l'art du conte.
Un réforme scandaleuse qui menace les métiers d’art
La réforme du Compte Personnel de Formation (CPF), couplée à la baisse drastique des financements complémentaires de l’Afdas, exerce un effet ciseau dévastateur sur les métiers du spectacle vivant.
En conditionnant de plus en plus l’accès aux fonds à l’obtention de certifications enregistrées au RNCP, le système exclut de fait les formations artistiques courtes, non diplômantes ou trop spécifiques. Pourtant, ces formations sont vitales pour le perfectionnement et l’adaptabilité des intermittents.
La logique purement quantitative de France Compétences, qui privilégie les volumes d’emploi statistiquement mesurables en CDI, conduit systématiquement au refus ou au retrait de certifications pertinentes pour des disciplines de niche comme le clown, le conte ou les arts du cirque, jugées à tort « sans débouchés ».
Cette rigidité administrative tarit l’accès à la reconversion pour les artistes seniors, contraints de quitter la profession faute de pouvoir financer une nouvelle qualification. Enfin, la disparition des guichets d’accompagnement personnalisé (ex-FONGECIF) laisse les artistes isolés face à un catalogue numérique inadapté à la réalité de l’intermittence et de la création artistique, menaçant à terme la transmission de savoir-faire uniques et la diversité culturelle française.
L’impact excluant du CPF et les critères de France Compétences
Les critères de France Compétence excluent le conte et beaucoup d'autre métiers du CPF
Le cœur du blocage réside dans les critères d’éligibilité imposés par France Compétences pour l’enregistrement d’une certification au RNCP (préalable obligatoire pour l’accès au CPF).
L’un des critères majeurs exige la preuve d’une forte demande sur le marché du travail et l’existence de nombreux emplois en CDI pour le métier visé. Ce critère exclut mécaniquement et structurellement tous les métiers d’artistes du spectacle vivant, dont le statut repose majoritairement sur l’intermittence et la commande ponctuelle, et non sur le salariat en CDI.
Sources et méthodologie
Cet article s’appuie sur une analyse factuelle des documents officiels suivants :
- France Compétences : Décisions d’enregistrement et de refus de certifications au RNCP (critères de volumes d’emploi et de débouchés statistiques).
- Afdas : Rapports d’activité et nouvelles modalités de financement 2024-2025 (baisse des plafonds de prise en charge pour les intermittents).
- DARES & Ministère du Travail : Enquêtes sur l’usage du CPF et statistiques comparant formations certifiantes et non certifiantes.
- Centre Inffo : Analyses juridiques sur la réforme de 2018 et l’éligibilité des formations artistiques.
- Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) : Avis sur la formation professionnelle des intermittents du spectacle et la précarité des reconversions.
- Code du travail : Articles relatifs à l’obligation de certification pour l’éligibilité au CPF (Loi n° 2018-771).
La recherche et la synthèse de ces sources ont été réalisées avec l’assistance de l’IA indépendante Euria, hébergée par Infomaniak.
